Bloody Rose
Accueil du site > NOUVELLES > L’angoisse

L’angoisse

mercredi 4 juillet 2007, par Samdelfino

L’Angoisse

Le vent souffle, tourbillonne autours du vivant, murmure aux oreilles du monde les antiques frayeurs. Le bois gémis, frémis, plie sous le poids de cette rafale fulgurante. Le soleil se dirige vers l’Autre Royaume, et l’univers palpite à l’idée qu’il ne pourrait pas en revenir. Par delà l’espace et le temps, ce lieu respire sous la lune sanglante de son maître hideux et inouïe.

Et moi, simple vermisseau, je suis au cœur de ce souffle effrayant, dans un endroit ou les animaux eux-mêmes se terrent. Au-delà de l’horizon, je sens comme une menace, latente, irréductible. Mais pourtant je ne peux que continuer dans cette forêt humide et si changeante. Tout semble bouger autour de moi, tout se métamorphose. Devant mes yeux, la forêt se transforme en un marais putride, et l’instant suivant en une ville brûlant sous le soleil, alors que la nuit allait bientôt tomber.

Je commence à me perdre ici, je ne sais plus ou je vais, je me demande même ce que je fais ici, je sens que je commence à perdre l’esprit, que moi-même je me transforme, que je perds mon intégrité dans ce bouge maudit. Tout le monde me l’avait dit, mais pourtant, oh pourtant, j’avais mis mon honneur dans cette expédition solidaire, et maintenant, comme tout le monde le pensait, suicidaire.

Je ne pouvais pas, je ne voulais pas que cela se passe ainsi, je voulais prouver ma valeur. Mais surtout, je ne voulais pas que le déshonneur éternel s’abattre sur moi. Je referma mes yeux, tentant d’oublier les sons si changeants qui se bousculaient à mes oreilles, et ce vertige inouï qui pesait sur mon âme. Je m’obligeai à respirer à grandes inspirations l’air putride de cet endroit, une dizaine de fois, de me recentrer sur mon âme, et tout doucement, je rouvris les yeux.

Le monde n’avait pas cessé de danser autours de moi, ni l’odeur d’être aussi couverte de peur, mais pourtant je me sentais mieux. Et je repartis de nouveau, les fondations de ma volonté toujours aussi pourries. Mais je continuais néanmoins, vers le cœur de cette entité abjecte. Je frémissais à chaque pas, à chaque bruit de brindilles qui craquent, à chacune de mes respirations sifflantes. Les arbres ne semblaient plus des simples végétaux, mais des êtres sortis tous droit des subconscients les plus glauques.

L’atmosphère était plus que sombre et lugubre. Le sol était spongieux, grouillant d’insectes répugnants, puants et gluants. A chaque pas, toute cette atmosphère devenait de plus en plus lourde, le sol de plus en plus dur à monter, et ma peur montait comme une inondation contre mon âme. Je m’approchais donc de mon but.

Et soudain, comme une peur nocturne prenant le dessus sur la conscience, je me retrouvai étouffé, oppressé par tout. Je pouvais à peine bouger mon corps, mais je pus relever la tête, et je vis, au travers de ce qui, pendant un bref instant fut du feuillage, cette citadelle de la Frayeur, qui régnait du haut des rochers noirs sur cette contrée.

Je sentis l’étau qui me retenait se desserrer, et je pus de nouveau avoir conscience de mon être. Je m’extirpai des derniers arpents qui me restaient à parcourir, et je me retrouvai face à une nouvelle aberration.

Je ne savais que penser, mon âme n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle voyait. Je n’arrivais pas à débrouiller le réel de l’irréel. Comment ce château pouvait-il à la fois être aussi resplendissant, lumineux, et en même temps aussi sombre, ignoble et irradiant la frayeur absolue. Plus je m’en approchais, plus ma gorge se serrait des miasmes morbides qui m’embrumaient l’esprit. Les statues qui entouraient l’entrée, à la fois horribles et magnifiques, parurent soudain si réelles, si vivantes, que j’eu soudain l’impression de n’être plus seul dans cet enfer.

Quand, après ce qui me paru des heures, mais qui ne furent en réalité que quelques secondes, je me retrouva devant la plus belle sculpture de tous les temps, devant la plus belle femme qu’il m’eut été donné de contempler. Mu par des instincts que je ne comprenais pas moi-même, ma main toucha son visage. Je me sentis, pendant un instant trop court, complètement extatique, envolé vers le paradis. Puis, disparaissant comme s’était venu, je me retrouvai pantelant. Et je ressentit de nouveaux, mais multiplier par des millions, cette peur accablante qui a été ma compagne depuis le début de cette expédition. Je relevai la tête, et ce que je vis à cet instant, ce que j’étais venu chercher, me glaça d’effroi, bien plus que tout.

Cette chose n’avait en fait rien d’humaine, ni même rien d’une statue. C’était la peur à l’état pure, devenue tangible, infiniment menaçante et changeante. Elle n’avait jamais la même forme, la même odeur, la même substance. Pourtant, à chaque fois, elle devenait ce qui me terrorisait, elle lisait dans mon cerveau paralysé. Je sentais qu’elle s’infiltrait au fond de moi, qu’elle se nourrissait de ce qu’elle me faisait ressentir, que cela la comblait. Et je ne pouvais pas l’arrêter, car, bizarrement, au fond de moi, j’avais envie qu’elle le fasse. La peur avait atteint un tel stade que je en voulais qu’une chose qu’elle en finisse avec moi, mais elle se délectait de ma souffrance, de ma peur. Et cela dura des heures et des heures, une éternité de peur aberrante. Dans ces yeux, multiples et uniques, je voyais mon enfer, ma fin, ma mort.

FIN

Ou presque… Car un jour, ce sera vous dans cette forêt, dans cette ville changeante, dans cette ruelle sombre aux odeurs horribles, à l’atmosphère étouffante de peurs rentrées. Peu importe le lieu et l’heure. Elle nous aura tous. .


Nintendo Wii & DS - Sony Playstation 3 et PSP - Microsoft Xbox 360 - Bloody-rose.com - Buffy.in - Forum Cel - Cinéma, DVD et Blu-Ray - Mangas et Animation - Musique - Séries Télé - Stars - News Insolites - Tv Series - Webou.com - Whedon.fr - Buffy, Angel, Firefly & Dollhouse - Whedon.org - Whedontube.com

Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site