samedi 12 août 2006, par Samdelfino
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Les yeux perdus dans le vague, assit sur un pilier usé et cassé par le temps et les pillages. Il était dos au temple et à la forêt et face à une grande prairie où il pouvait voir la voûte céleste. Son cheval paissait, au loin, et son esprit à lui était encore bien plus loin dans le temps et dans l’espace, il errait dans des lieux de l’esprit qu’il croyait impossible.
Le bruit d’un homme approchant le tira de sa funeste rêverie. Il se retourna et se retrouva face à face avec l’homme, qui, si peut de temps auparavant, avait commencé par sa seule présence à doucement saper les fondations de sa paisible existence. Toute sa vie n’était bâtie que sur la recherche de la gloire chevaleresque au travers de combat avec ses pairs, et de la conquête amoureuse. Rien ne laissait place dans cette mécanique bien huilée pour la moindre trace de fantastique, de mystère. Pourtant, comme tous le monde, il avait entendu parler du sombre passé de son monde, de sa sorti de ce que l’on appelait le Chaos. L’autre s’était assis à coté de lui et observait lui aussi le ciel. Son capuchon était mis d’une telle façon que Danas ne pouvait voir son visage. Au fond de lui le jeune homme souhaitait pourtant le voir, mais il sentait que cela aurait un nombre incalculable de conséquences. L’autre, comme s’il avait pu lire dans l’âme de Danas, se mit alors à faire ce que l’autre désirait, geste qui malgré sa banalité, fit courir le long du flanc du chevalier bien plus qu’un frisson de peur et d’horreur : il rabattit son capuchon.
Ce geste anodin était porteur de bien des choses. Les ombres, ainsi retirées, lui permirent de voir enfin ce visage. Celui-ci était beau et altier, ses traits étaient fière, mais ses yeux, oh oui ses yeux étaient comme des billes de ténèbres, qui brillaient intensément, mais non de vie, mais de mort. Il n’arrivait pas à détacher ses yeux de ce regard qui l’attirait dans les tréfonds même de ce que dorénavant il craignait le plus. Quand il réussit finalement à détacher son attention de ses bijoux d’outre-tombe et à surpasser son dégoût, il vit qu’un sourire s’était inscrit sur les traits de l’autre. Mais celui-ci n’avait rien de sardonique, bien au contraire, il était d’une grande bienveillance, mais aussi teinté de soulagement. Il lui rendit son sourire.
« Qu’as-tu fait »
La voix les fit sursauter et ils se retournèrent comme un seul homme. Derrière eux, dans l’ombre du porche du temple, se tenait Halurias. Il y avait dans les yeux plus que de la réprimande. En quelques heures, Danas avait compris que cet homme n’était pas du genre à rigoler, mais il n’avait encore pas la moindre idée de comment pouvait réagir l’homme qui venait de lui donner ce qui lui semblait être une preuve de confiance. Celui-ci se leva doucement, mais pas lentement, mais avec grâce et douceur, mais aussi douleur, comme-ci il portait un fardeau trop lourd pour sa personne. Il se campa devant celui qui l’avait interpellé, il planta son regard dans les sévères yeux sombres, et il dit :
"S’il est ce que vous dîtes ce qu’il est, je peux lui faire confiance, peut-être même plus qu’à vous. Je ne vous dénigre en rien l’aide que vous m’avez apporté, mais pour vous je ne suis qu’une chose étrange sue vous voulez étudier car vous ne comprenez pas pourquoi je suis encore en vie, même moi je n’est pas la réponse. Ce que je veux c’est un ami, un être capable de me comprendre de m’aider, un être capable de me voir tel que je suis en moi, et non en dehors de moi. Je veux être aimé, non crains, je veux vivre, chevalier Halurias et non survivre dans un de vos plans sortis de votre esprit dérangé. »
Pendant tout ce discours, Danas avait retenu son souffle. Il avait vu ce dessiner sur le visage d’Halurias une expression qui ne lui disait rien de vraiment encourageant. Sa main c’était petit à petit rapprochée du pommeau de son épée. Peut de temps auparavant la mort du jeune homme ne l’aurait en rien déranger, mais il avait compris deux choses. D’une part cet homme avait traversé ce qu’aucun autre n’avait traversé avant lui, la désolation de la mort et le retour à la vie, le jeune chevalier le savait inconsciemment, mais aussi que le geste de cet homme, aussi anodin qu’il pouvait paraître, lui avait montré que cet homme voulait de lui comme ami. Après les révélations d’Halurias sur ce qu’il était, il comprenait qu’il avait besoin d’un être comme lui à ses côtés. A la fin de ce discours, le jeune homme se retourna et s’avança de quelque pas dans la prairie. Le chevalier aguerri avait vu le geste de Danas et lui fit comprendre d’un geste clair qu’il ne ferrait rien de mal.
« Je ne te veux pas de mal, je veux juste essayer de comprendre ce qui t’es arrivé. C’est tout ce que je veux, je ne te veux pas de mal !
Vous ne me voulez pas de mal, mais vous m’en faîtes en me rappelant à chaque fois ce que j’ai perdu, ce que j’avais, ce que je désire, ce que je regrette, ce qui me tue si c’était possible ! »
Danas entendit dans cette voix ce qu’il n’aurait préféré ne jamais entendre, ce qu’il ne croyait ne jamais devoir entendre, la douleur la plus pure, comme si on lui avait enlevé la peau à vif. Il en ressentit une compassion sans borne pour cet être qui avait subit ce qu’aucun autre n’aurait aimé subir. Il comprenait aussi inconsciemment que c’était ce qui l’attendait, si du moins ce que lui avait dit Halurias était vraie. Celui-ci c’était éloigné et il discutait avec ses suivants, Danas en profitant pour s’approcher de l’homme au lourd passé
« Bonjours, mon nom est Danas.
Bonjours Danas, jolie tentative pour détendre l’atmosphère, mais c’est toujours comme cela, tu verras !
Je ne sais pas si je resterais assez longtemps pour le voir, tu sais.
Halurias le tentera en tout cas, tu as beaucoup d’importance pour lui, tu sais.
C’est ce que j’avais compris !
D’après ce que je sais, il t’a recherché toute sa vie Ressourceur »
A l’évocation de ce nom, Danas sentit un sombre sentiment l’envahir.
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Le vieil homme était toujours assis devant le feu impassible. La femme en robe quand à elle était allongée sur son lit, et rêvait, mais ce rêve n’avait rien de ressourçant. De son fauteuil, l’homme pouvait sentir ce qui se passait dans la chambre et il comprenait ce que cela signifiait, il devait agir, la retrouver, et au plus vite.