mercredi 12 juillet 2006, par Samdelfino
CHAPITRE 2
« Je me suis toujours demandé pourquoi moi, je n’ai encore jamais réussi à répondre à cette question, peut-être tout simplement parce que c’était moi. Alors pour toi qui me lis, comprend bien cela, ce fardeau est venu à toi parce que tu étais toi. »
*********************************************
Tout les trois se trouvaient dans la chambre d’Elsa. Elle les avait appelé juste après ce qui lui était arrivé, les réveillant en plein milieu de la nuit pour leur donner rendez-vous chez elle. Elle venait tout juste de tout leur expliquer.Sur leur visage, l’incompréhension la plus totale. Pourtant elle ne leur en voulait pas, elle-même avait eu l’étrange sensation que tout ce qui c’était passé n’était qu’un rêve, bien étrange certes, mais n’est-ce pas là la définition même du monde onirique : l’étrangeté. Pourtant au fond de tout cela il y avait comme un goût amer de vérité, très amer, trop amer. Tout devenait de plus en plus flou dans sa tête depuis cette nuit ou elle n’avait pu empêcher la mort d’un de ses meilleurs ami, mais, en une seule nuit, avec une seule de ces « vision », tout commençait à sombrer de plus en plus profondément dans quelque chose à la fois de très sombre, de morbide et de repoussant. Elle ne savait ce qu’elle devait faire, et elle avait fait ce qui lui semblait le plus juste sur l’instant, appeler ceux qu’elle considérait comme ses amis, ses seuls amis. Elle triturait de façon nerveuse son collier. Luc et Alexandra la regardaient, ne sachant comment réagir face à ce qu’elle venait de leur dire. Elle leur aurait raconté cela il y a trois mois, à l’époque ou le trio était encore un quatuor, et ils en auraient probablement fait la blague de l’année. Mais en ce moment, avec tout ce qui c’était passé, avec ce qu’ils vivaient en ce moment tous, et plus particulièrement Elsa, il ne savait vraiment pas quoi faire. Devaient-ils croire tout ce qu’elle leur disait ? Devaient-ils seulement prendre cela pour un cauchemar issu de son esprit fatigué et inlassablement en quête d’une réponse sur une question qu’elle ne devait pas se poser ? Ce qui les intriquaient le plus c’était la façon dont elle prenait cela au sérieux, mais surtout, ce qui leur faisaient le plus peur, c’était son regard, il semblait comme animé d’une vie propre. Cette fenêtre sur l’âme de la jeune fille ne laissait apparaître que destruction et perte, mais aussi une étrangeté qui les mettait mal à l’aise. Ce dernier dimanche des vacances s’annonçait comme allant être l’un des plus sinistres. Ils en avaient déjà connu plus qu’ils n’en voulaient depuis quelque temps, mais il semblait que celui-ci allait prendre la tête du palmarès. Ce fut l’une des première fois que Luc et Alex’ se rendirent réellement compte à quel point Marc leur manquait à tous, comme un trou béant dans leur groupe, qui les éloignait de plus en plus de leur amie, qui était encore plus affectée qu’eux par sa mort, ce qui était probablement dû à la relation ambiguë que tous les deux avaient toujours entretenu, amour où amitié, on ne savait jamais. Il se leva pour se dégourdir les jambes. Il fit le tour de la chambre de la jeune fille. Le réveil annonçait 10 h 32, et il émanait du soleil une lumière terne et grise, à l’unisson de l’atmosphère qui régnait dans la pièce. Son regard se perdit dans la contemplation du paysage, façon pour lui de s’échapper de la trop dure réalité. Un bref instant, sur le monde moutonneux des nuages commença à se dessiner l’image du visage de Marc, son meilleur ami, tout du moins avant sa mort. Il sentit une grande tristesse l’envahir, et il dû prendre une grande inspiration pour reprendre son sérieux. Il se retourna vers les deux jeunes filles, Alex s’était approché d’Elsa et elles discutaient, où tout du moins elle tentait de lui changer les idée. Elle se tourna vers lui un bref instant et il lui fit un sourire entendu. Il se retourna et se replongea dans sa contemplation, la sensation qu’il ne pourra la sauver le taraudant encore et toujours. Il n’avait pas vu le temps passer, et ce n’est que quand il sentit des mains se poser sur son épaule qu’il compris qu’il allait être en retard. Il devait aller avec Alex à une réunion ayant rapport avec la fête de fin d’année. Mais depuis la mort de Marc, Elsa s’était peu à peu éloignée de toute vie sociale et elle n’y participait pas. Il voulut faire une pirouette digne des plus grandes pièces de théâtres pour la remercier, mais son élan fut coupé par le visage d’Elsa. En effet s’était elle qui était venu le tirer de sa rêverie, il lui sourit, un peu gêné, elle éclata de rire. Que s’était-il bien passé pendant qu’il rêvassait ? Il décida d’en discuter avec son amie sur le chemin, il prit ses affaires et rejoignit les deux autres, qui s’étaient déjà dit au revoir, devant la porte d’entrée. Elsa s’approcha et l’embrassa sur la joue et au passage lui glissa un petit mot dans le creux de l’oreille « Merci ! ». Il lui sourit franchement et sortit avec Alex. Ils s’éloignaient à pied, doucement. Alors même qu’elle referma la porte derrière ses amis, elle sentit quelque chose monter en elle, comme une bouffée d’angoisse phénoménale, et elle se retrouva plongé dans une de ses fameuses visions : Le ciel bleu contrastait avec la tuerie qui se passait sous leurs yeux. L’arène était bondée et le public était surexcité mais Elsa et Alex n’étaient concentrées que sur une seule et unique chose, Luc agonisant. Il venait de donner sa vie pour qu’Elsa puisse vivre. Il tendit sa main vers elle, elle était tachée de sang. Il souriait. Il tenta de parler, elle voulu qu’il se taise mais il réussit à dire ceci : "Je.....suis fière de toi, fait... fait ce que tu a à faire" Il mourut dans ses bras, le torse transpercé d’une flèche. Elle hurla pendant deux seconde, une éternité, elle se retourna et se retrouva face à face avec Alex, qui était totalement bouleversée. Elle sortit l’épée qu’elle avait sur le coté et jura de le venger. La troupe autours d’elle, composé de cinq membres, acquiesça, le chevalier du nom de Danas, qu’elle ne connaissait que depuis une heure, la rejoignit dans son geste. Elle était appuyée contre le mur, des larmes coulaient silencieusement sur son visage car elle savait que ce qu’elle venait de voir était le futur, et qu’on ne pouvait le modifier.